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Le discours de la fête nationale suédoise

07 juin 2019

Veuillez trouver ci-dessous le discours de Madame l'Ambassadeur Maria Håkansson de la fête nationale le 6 juin 2019.

Honorables députés et sénateurs,

Excellences représentants du gouvernement,

Mesdames et messieurs les ambassadeurs, chefs des missions diplomatiques et organisations internationales, chers collègues,

Mesdames et Messieurs, distingués invités,

Kära svenskar och nordbor!

Mbote na bino banso!

C'est toujours avec grande joie et fierté en tant qu'ambassadeur d'accueillir autant d'amis de l'ambassade pour célébrer ensemble la fête nationale suédoise. Cette année, ma dernière année en tant qu’ambassadeur de Suède en République Démocratique de Congo, c’est avec beaucoup d'émotions que mon mari et moi-même vous souhaitons la bienvenue à la résidence suédoise à Kinshasa.

Nous, les Suédois, sommes normalement un peuple plutôt modeste. Il est donc bon d’avoir au moins un jour où nous puissions, sans trop rougir, nous permettre de souligner tout ce que la Suède représente de positif et tous les efforts que nous menons en tant que partenaire pour réduire la pauvreté, contribuer à la paix et à la sécurité et renforcer la démocratie et le respect des droits de l'homme en RDC.

Dans son discours d'installation le 24 janvier de cette année, S.E. M. le Président a exprimé le souhait de renforcer les échanges avec les pays scandinaves. Pour nous, c'était bien sûr très gratifiant.

Le liens historiques et d’amitié unissant la Suède et la RDC sont très forts, notamment grâce aux missionnaires suédois qui se sont installés dans le pays déjà à la fin du XIXe siècle ainsi qu’un grand nombre de Suédois qui ont servi dans les missions de paix des Nations Unies depuis les années 1960.

Saviez-vous, par exemple, que Dr Mukwege, lauréat du prix Nobel de la paix de l'année dernière, a commencé son service médical à l'hôpital suédois pentecôtiste de Lemera ? L’un de clou en tant qu’ambassadeur en RDC a été de partager la joie que Dr Mukwege, en tant que premier Congolais, ait reçu le prix Nobel de la paix pour son travail courageux contre les violences sexuelles, mais tout aussi important pour protéger et soutenir les victimes.

Et, en août cette année, une importante délégation suédoise arrivera en RDC pour participer à la célébration du 100ième anniversaire de la première mission de la Société baptiste suédoise à Bendela, dans la province de Mai Ndombe.

Mais je crois que le désir de renforcer les relations entre nos deux pays va au-delà des liens historiques. Je sais que le président connaît bien la Suède et le modèle social suédois et qu’il y a un souhait à s’inspirer des expériences suédoises en matière de création d'une société pacifique, durable, transparente et égalitaire.

Malgré sa petite taille - environ dix millions d'habitants, soit moins que la population de la ville de Kinshasa -, la Suède se classe parmi les dix meilleurs sur l'indice de développement humain, l'indice de compétitivité mondial, l'indice d'innovation de Bloomberg, l'indice de corruption et l’indice des meilleurs pays pour faire des affaires de Forbes. Nous figurons parmi les trois meilleurs en ce qui concerne l'indice de bon pays, liberté de presse, et, ce qui ne devrait pas vous surprendre, l'indice mondial d'écart entre les sexes, et enfin la Suède se trouve en tête de liste des pays les plus réputés en 2018. Cela peut expliquer pourquoi le Forum économique mondial a publié l'article « Pourquoi la Suède bat les autres pays à peu près tout ».

En outre, la Suède est un grand partenaire de développement et humanitaire engagé en RDC, animée par la volonté de contribuer à une vie meilleure pour la population congolaise.

Les défis en RDC sont bien sûr énormes, comme le montre le classement du pays au 176 sur l'indice de développement humain. Et les gens ont légitimement de grandes attentes en ce qui concerne l'amélioration de leurs conditions de vie. Nous espérons que l'État congolais assumera la responsabilité qui lui incombe de faire en sorte que ses énormes ressources profitent également à la population. L'engagement du Président dans la lutte contre la corruption qui entrave depuis longtemps le développement de la RDC est particulièrement encourageant, et la Suède et d'autres partenaires sont prêts à contribuer à cela, ainsi qu'à d'autres réformes visant à renforcer la démocratie et à réduire la pauvreté.

Chers invités,

La RDC ne peut pas non plus se permettre d’exclure une partie de la population si elle veut réduire la pauvreté et développer son pays. Je pense spécifiquement aux femmes et aux filles qui représentent plus de la moitié de la population. Le fait que la Suède soit si étroitement associée aux questions de genre me rend particulièrement fière, et je peux attester, après de nombreuses visites de terrain et réunions dans tout le pays, que les femmes congolaises possèdent une force et une ingéniosité considérables, dont le potentiel est encore largement inutilisé. Et même si ces visites et réunions génèrent beaucoup d’énergie et d’inspiration, il est également douloureux d’entendre tous les témoignages de discrimination, de harcèlement et de violence sexuelle. Mais j’aimerais croire que le temps est mûr pour un changement. Que les hommes veulent voir un avenir brillant, même pour leurs filles. Que les garçons sont enseignés à traiter les filles avec respect. Qu'une masculinité positive devienne une nouvelle norme.

La Suède continuera à être au premier rang pour une société dans laquelle les garçons et les filles jouissent des mêmes opportunités et des mêmes droits. En RD Congo et ailleurs. Et ce soir, nous avons fait un effort particulier pour atteindre un nombre égal d'invités en invitant des jeunes femmes actives dans les domaines de la politique, des affaires et de la société civile.

Chers invités,

Trois ans vont vite. Trop vite, il me semble avec seulement encore quelques mois dans ce pays assez magnifique, fascinant et complexe. Et il s'est passé beaucoup de choses pendant nos trois années en RDC, même si le discours a longtemps tourné autour de ce qui ne s'est pas passé. Je pense bien sûr aux élections qui ont finalement eu lieu le 31 décembre 2018, suivies du premier transfert de pouvoir pacifique dans l'histoire de la RDC.

De surcroît, d'autres choses se sont passées. Tout aussi fréquemment que l’on s’adresse à moi avec le titre de « son excellence », j’écoute ces jours les gens m’appeler « Maman Mapassa ». En d'autres termes, les années en RDC ont été très productives pour moi et mon mari : nous avons réussi à doubler notre famille et à quitter DRK avec deux nouveaux compléments, Viktor et Gabriel. Pas mal comme réalisation. Je devrais peut-être ajouter que l'ambassade travaille également avec d'autres méthodes, plus diplomatiques, pour renforcer la présence suédoise en RDC. Nous espérons notamment pouvoir impliquer davantage d'acteurs suédois dans la coopération au développement et, compte tenu de l’amélioration du climat des affaires, de voir davantage d’entreprises suédoises dans le pays.

Donc ce pays magnifique va nous manquer, et ses habitants si aimables ; cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Nous leur, et à vous toutes et tous chers invités, devons des expériences fantastiques que nous n’oublierons jamais.

Mais de mon séjour en RDC, je retiens également le souvenir douloureux de nos compatriote Zaida Catalan et citoyen américain Michael Sharp qui ont été retrouvés brutalement assassinées au Kasaï il y a 2 ans. C'était une perte profonde. Son travail au service de la paix ne devait pas être vain. Le travail pour traduire en justice les responsables du meurtre de Zaida et Michael doit se poursuivre.

Chers invités,

Derrière moi sont réunis les membres de l’équipe qui rend la mission de la Suède possible en RDC. Dans leurs fonctions respectives, ces personnes contribuent toutes aux efforts de la Suède en RDC. Je les remercie pour leurs efforts et les remercie également pour le grand plaisir d’avoir travaillé ensemble pendant ces trois années.  À nos trois collègues, Helen, Martin et Susanne, qui comme nous quitteront cet été, je vous souhaite bonne chance dans vos nouvelles carrières.

Un merci spécial, bien sûr, également à mon mari Carlos, pour être à mes côtés ces dernières années et pour ses contributions remarquables à la diplomatie culinaire – y inclus ce soir.

A tous et à chacun, je vous souhaite une bonne fête.

Je lève mon verre à l'amitié entre congolais et suédois, vive la République démocratique du Congo, vive la Suède !

Je vous remercie !

Dernière mise à jour 07 juin 2019, 10.18